Changement de classe

Il y a quelque temps déjà, Ankama lançait une nouvelle fonctionnalité, via les désormais très connues ogrines : le changement de classe. Si cette option a fait couler beaucoup d’encre virtuelle chez les joueurs, voyant ici tant un moyen de contourner des difficultés de succès qu’une méthode pour renflouer les caisses de la société, les rôlistes également y sont allé de leurs attaques. « Changer de classe ? C’est le mort du RP ! » est une phrase qui s’est vue de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, le forum officiel, ou en jeu. La mort du RP ? Vraiment ? Je vous propose donc, dans cet article, d’étudier ce qu’une telle option implique, ses conséquences et ses limites sur le background de vos personnages.

changeclasse

Un cheminement spirituel

Lorsque l’on choisit notre classe, nous choisissons surtout la divinité qui l’accompagnera tout au long de sa vie sur le Monde des Douze. En d’autres termes, nous pouvons assimiler cette étape au choix d’une religion, que le croyant sera libre d’embrasser tout au long de sa vie ou non. Car les esprits évoluent, tout comme les convictions, et votre personnage n’est pas à l’abri de retournement de situation, l’amenant peu à peu à douter, à changer de direction, à se tourner vers une autre divinité. Le changement de religion n’a donc rien de surprenant : le hic, c’est que la foi est intimement lié à l’apparence dans notre monde des Douze ! Est-il facile d’imaginer un Sram aux os apparents devenir un poilu Sadida ? De voir les rides d’une Enutrof s’estomper pour retrouver les traits fermes et les ailes dorsales d’une Eniripsa ? Pour ma part, je pense qu’il faut considérer le tout comme un cheminement, comme une lente transformation. Les traits d’apparence de votre personnage peuvent évoluer, là où votre avatar passera d’un extrême à l’autre. Ledit Sram peut voir des bribes de peaux recouvrir deux ou trios de ses côtes, puis son squelette entier avant d’y voir sa pilosité s’exprimer. La transformation inverse est également imaginable, lorsque le Sadida perd peu à peu ses poils, puis ses lambeaux de chair pour ne devenir qu’un frêle disciple du roi des voleurs.

Tout ceci ramène irrémédiablement à la question de l’apparence en elle-même, abordée dans un précédent article, Naissance et apparence. Par ailleurs, pour voir l’un de ces cheminements possibles, vous pouvez consulter le récit « Une foi ébranlée« , où un vieil Enutrof semble ne plus avoir confiance en son dieu.

D’ailleurs, les dieux, dans tout ça ? N’ont-ils pas leur mot à dire ? Eh bien… Visiblement, il semblerait que non, ou presque. Les dieux sont d’autant plus puissants qu’ils ont de fidèles, pourquoi en refuseraient-ils un autre ? C’est plutôt vers la divinité de départ qu’il faut se tourner, celle-ci n’étant pas forcément des plus joyeuses à l’idée de se séparer d’un de ses adeptes. Risque-t-elle de se venger ? Ou le lien qui vous unit est-il devenu trop faible pour que même un dieu ne puisse intervenir ? Tout semblant de réponse semble soulever de nombreuses nouvelles questions.

Des « précédents »

Pourtant, ces cas de changements d’identité spirituelle ne seraient pas les premiers à proprement parler. A titre d’exemple, notons l’expérience de Lukryh Leuk, berger et disciple de Féca, devenu par la suite le puissant Hyrkul le Tendancieux, lequel est décrit – physiquement du moins – comme un disciple de Iop. Est-ce un changement de foi, ou le simple raccourci entre l’apparence et la foi qui est fait dans ces récits ? Avouons toutefois qu’Hyrkul n’est pas n’importe qui… Choisi par Djaul, sacré immortel par Rushu, on peut s’imaginer que certains dons permettent d’emprunter des chemins que le commun des mortels n’oserait imaginer.

Il me faut également signaler un autre personnage : le Captain Amakna. Anciennement nommé Stiv Sregor, les expériences d’alchimistes visant à faire de lui un soldat hors du commun l’ont transformé en un fier disciple de Iop. Nous avons donc là une approche inédite de la foi, puisque présentée comme une manoeuvre, un processus alchimique. Ces deux cas, bien qu’hors du commun, sont à prendre en compte si nous souhaitons étudier le changement de classe : ce n’est peut-être pas donné à tout le monde. Et puisqu’un petit peu de publicité ne fait pas de mal, n’hésitez pas à consulter les pages de ces deux personnages sur le wiki RP Dofus : ici et ! Oh que je suis mesquin !

Au cas par cas

Techniquement possible, mais visiblement réservés à une certaine caste ? Le changement de classe est décidément difficile à cerner, et le devient d’autant plus lorsque l’on étudie certains cas de plus près ! L’un toutefois semble plus « naturel », c’est le cas de la conversion en roublard. Si Dralbour est la divinité dominante du culte, il n’empêche pas la dévotion à une autre, ramenant les roublards à un ensemble hétérogène de croyants, tous placés cependant sous le signe de la famille Smisse. (Ninja pub) Le passage inverse semble toutefois… plus dangereux. Rappelons que les Roublards se considèrent comme une famille, et que toute traîtrise entraîne une sanction bien définitive qu’est la mort. Vous pourrez toujours jouer sur cette notion en quittant le clan, mais en vous faisant pourchasser par des Roublards bien décidés à vous faire payer cet affront ! D’autres cas simples peuvent être notés, entre les différentes facettes d’un dieu : Steamer et Osamodas, Zobal et Sadida, ces couples ont chacun une divinité, et on imagine aisément passer de l’un à l’autre sans peine.

Mais vient le cas Eliotrope… Et voilà que tout se corse, car nous passons du Panthéon au Roi-dieu, surfant sur deux visions antagonistes, la seconde jugée profane par la première. Alors que faire ? Votre personnage bien ancré dans le paysage des Douze peut-il se laisser tenter par cette nouvelle vague et sa magie bleutée ? L’Eliotrope peut-il décider d’embrasser le culte des Douze pour mieux s’intégrer, ou renier ce qu’il est ? Les Eliotropes sont victimes d’une malédiction : une fois mort, un eliotrope sombre dans l’oubli, il n’a jamais existé. Comment se transposerait sa malédiction ? Une conversion le sauve-t-il ?

Bref, le changement de classe est à considérer au cas par cas, dans son ensemble : du début, avec le doute, l’envie d’ailleurs, jusqu’à la fin, avec l’acceptation totale de sa divinité, pour des raisons que seul vous pouvez déterminer.

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7 commentaires sur “Changement de classe

  1. L’article est intéressant, je partage ton point de vue sur la sorte de processus de changement de Dieu, quelque chose de long qui permet petit à petit de perdre ses anciens attributs pour en gagner de nouveaux. D’une certaine manière, cela coïncide avec la contrepartie : le fait d’avoir le choix de changer de Divinité est un avantage relativement important qui est contrebalancé par l’inconvénient de recommencer à zéro, sur le plan magique, sans compter les éventuelles représailles de l’ancien culte (on peut imaginer que les Roublards ne sont pas les seuls à le faire).

    Par ailleurs, il me paraît aussi nécessaire de préciser que l’outil changement de classe n’implique pas nécessairement un changement de divinité en RP. Il peut très bien s’agir d’un simple changement d’apparence, que le personnage soit athée ou religieux.

    • Dans une certaine mesure, ça me paraît en effet possible oui, mais sans oublier que l’apparence est conditionnée par la foi, ce qui bride les possibilités : un Feca peut-il avoir des ailes par exemple ?

      • Selon moi, ce que nous voyons en jeu n’est que le pâle reflet de la réalité RP, et il pourrait arriver, pour diverses raisons, que l’apparence physique d’un personnage (musculature, pilosité, vêtements, etc.) se rapproche d’une classe en particulier qui n’est peut-être pas forcément la sienne (s’il en a, dans le cas des athées c’est plus simple !).

        Il faut que ce choix soit logique et motivé, comme par exemple un disciple féca très vieux qui ressemble plus au skin de l’énutrof qu’au skin du féca. Donc après effectivement, il y a des skins qui sont très difficilement explicables, comme les ailes éniripsa, les os srams, etc. qui sont des attributs physiques uniques propres à certaines classes, qu’on ne pourra pas vraiment utiliser dans ce raisonnement. Mais ce n’est pas parce qu’on met un masque qu’on est un Zobal, qu’on a un look de brigand qu’on est roublard, qu’on a un scaphandre qu’on est Steamer, etc.

        Ce n’est pas forcément quelque chose dont on doit abuser, mais cela peut parfois être utile, et surprenant.

  2. Notons quand même qu’Herdegrize écrit qu’après l’adolescence, une fois le flux d’hormones spirituelles passé, il n’est pas de changement de Dieu qui tienne ! On peut parfaitement remettre en cause ce qu’il dit mais… je trouve effectivement plus logique que le changement de Dieu ne soit pas possible, pas de la manière dont il existe en tout cas. Bien sûr, la foi peut changer, puisqu’il est évident pour n’importe quel Douzien que tous les Dieux sont bel et bien réels (quand il voit des adeptes d’autres Dieux, comment en douter ?) et que, donc, il n’est pas de foi qu’en un seul Dieu.

    Mais l’apparence et les pouvoirs liés à une classe, eux, d’un point de vue RP, ne peuvent à mon avis pas changer, avec pour source l’écrit de Herdegrize à ce sujet dans un livre dont j’ai oublié le nom.

    • Il y a en effet deux notions liées au changement de divinité : l’apparence et les pouvoirs. Pour l’apparence, je pense que la divinité lésée et abandonnée les confisquent aux disciples déserteurs, lesquels se voient accorder les capacités de la nouvelle divinité (encore une fois, progressivement).

      Tu fais sans doute référence à ce passage : « Une fois le flot d’hormones spirituelles passées, plus possible d’embrasser un culte – sauf conversion miraculeuse reconnue par le dieu lui-même. »

      J’ai l’impression qu’il s’agit plus d’une première classe que d’un changement de voie, mais la conversion miraculeuse peut aussi s’appliquer dans notre cas.

      Toutefois, Herdegrize (ou Acidrik d’ailleurs, je ne sais plus, je crois que Les Prophètes, le Culte et la Foi a changé d’auteur, hihi) a beau écrire qu’on ne peut changer de « classe », je ne peux que remettre cette parole en doute, et me poser la question : est-ce que quelqu’un a réellement essayé auparavant ? Ou bien était-ce un acte interdit, à tel point que l’on se refusait à prendre cette route ? Je concède toutefois le point que cet acte ne soit pas facile d’accès, ni sans conséquence, et doit être qualifié d’exceptionnel, pour garder un soupçon de cohérence : on joue avec les dieux, nom d’eux !

  3. En temps que chieuse incontestée dans le domaine du Rp dofusien (et plus si affinités), je dois dire que je suis à la fois d’accord et pas d’accord !

    Disons qu’aux yeux de tous et d’une manière « officielle » (si je puis dire), le lent processus de changement d’apparence et de dons est ce qu’il y a de plus logique. Pour la magie, je pense qu’il est nécessaire au personnage de recevoir un apprentissage dans le temple de sa nouvelle classe, il ne maîtrisera pas ça d’un claquement de doigt. Sauf que pour l’apparence, je suis pas une grande fana du « t’es un Féca, donc tu ressemble à un Féca, tu as un joli bâton, une jupe ras-la-moumoule et un débardeur aussi court que celui d’un apprenti nudiste » (puisque qui dit apparence dit également « vêtements » de disciple) et pour moi l’apparence et la divinité sont à dissocier. Un joueur qui veut un personnage athée ne peut-il donc pas jouer à Dofus ? Ca, c’est déjà un gros problème. Cependant je ne vais pas m’étendre là-dessus, je dirais simplement que chacun a là-dessus sa vision des choses : un changement de classe peut, Rp parlant, ne pas être perçu comme un changement de divinité si on dissocie toute histoire d’apparence avec celle d’une allégeance 😛

    Concernant les Eliotropes, j’ai un autre point de vue qui se base plus ou moins sur le BG officiel cette fois-ci (wow j’fais ça moi =°) : si on considère qu’une âme peut se réincarner dans un autre corps (passage par l’Externam pour un retour vers l’Incarnam), un Eliotrope ne pourrait-il pas promettre de servir un Dieu qui lui donnerait la « chance » de devenir quelqu’un ? Puisqu’au final, même s’ils sont victimes d’une malédiction, ils ont une âme et à partir de là, tout est possible. Ca reprendrait donc l’idée du processus de transformation lent mais d’une manière plus… Radicale 😛

    Voilà pour moi, j’arrête de vous embêter avec mes théories sorties de l’espace o7
    PS : Je pensais avoir un compte sur ce site mais c’est visiblement pas le cas. Ca se passe comment ?

    • C’était un peu maladroitement dit, mais quand je parle d’apparence, je mentionne évidemment davantage les très spécifiques à chaque classe : une musculature développée pour un Iop, des ailes pour un Eniripsa, des poils pour les Sadidas… si les vêtements, la corpulence ou la coupe de cheveux ne sont propres à personnes, il me semble tout de même qu’il y a des éléments que seule la foi en un dieu précis confère.

      Pour les eliotropes, c’est une bonne question tiens, héhé. Mais je pense que c’est vraiment l’âme-même de l’Eliotrope qui est touchée par cette malédiction, ce qui la rayerait de l’espace-temps… A moins qu’elle ne revienne sous une forme « classique » mais ait tout oublié… Huuu, les voyages dans le temps, c’est vraiment se prendre les pieds dans le tapis !

      (Eh bien, si tu as posté un commentaire, c’est que tu as un compte wordpress, héhé. Par contre, pour écrire, il te faut une invitation)

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