SYNTHÈSE N°5 : L’IMPROVISATION

'I thought we were going to IMPROVISE!'

SYNTHÈSE « LE RÔLE PLAY, CET INCONNU »

Vous qui lisez ces lignes, si « Le Rôle Play, cet Inconnu » ne vous évoque rien, apercevez-vous que nous sommes ici à la Synthèse n°5 et que par conséquent, quatre autres ont déjà été rédigées. Les thèmes abordés ne sont pas strictement dépendants, toutefois ils forment un ensemble et si la logique n’est pas votre ennemie, mieux vaut aller dans l’ordre ! Synthèse n°1 : le principe de plausibilité ; Synthèse n°2 : principes de contrepartie et non-immixtion ; Synthèse n°3 : dérogations et principes secondaires ; Synthèse n°4 : BG de fond et de forme.

SYNTHÈSE N°5 : L’IMPROVISATION – CHAP.VII

On s’en rend très rapidement compte, l’improvisation est au cœur du Rôle Play. Il s’agit autant d’un moteur qui peut être très prolifique, que d’un frein qui peut en rebuter certains. En effet, beaucoup seront tentés de dire « je ne sais pas improviser… donc ce n’est pas pour moi ». Nous allons essayer de prouver le contraire.

Si l’on en revient à sa définition, l’acte d’improvisation consiste simplement à effectuer une action sans préparation préalable. À partir de là, on peut s’amuser à trouver de l’improvisation un peu partout. Il y a des disciplines dans lesquelles on la met particulièrement en avant (théâtre, musique, poésie, etc.), et des domaines auxquels on ne songe pas naturellement (parler avec quelqu’un dans la rue, cuisiner, jouer au tennis, sont autant d’actions qu’on ne prépare pas à l’avance, et qui satisfont donc à la définition d’improvisation). Ainsi, pour commencer, tout le monde sait improviser.

Le type d’improvisation qui va réellement nous intéresser, c’est celui relatif au langage. Aujourd’hui, ce genre est assez peu représenté dans la sphère du spectacle et du théâtre par rapport aux prestations plus classiques ; toutefois, on peut trouver de très bons exemples d’improvisations comiques du côté des « Bonimenteurs » notamment. Ce genre de sketchs, bien que dans des conditions différentes, constitue un bon modèle d’improvisation réussie. On y retrouve des notions clefs telles que la confiance d’un acteur avec son partenaire (espérer qu’il rebondisse sur ce que l’on improvise) ou encore le jeu avec le sujet (savoir transformer des contraintes en leviers comiques).

Par-delà le monde du spectacle, on trouve des exemples très intéressants du côté des écoles de science politique ou d’HEC : le concours d’éloquence. Il peut s’agir d’un monologue, ou d’une joute verbale improvisée sur un sujet aussi précis qu’absurde tel que « Les voies judiciaires sont-elles impénétrables ? » « La terre est-elle bleue comme une orange ? ». Et l’on remarquera que l’absurdité est une dimension très importante de l’improvisation, plus on s’enfonce dans des positions qui n’ont pas de sens, plus l’effet comique sera amplifié. Par ailleurs, on remarque que les candidats à de telles épreuves d’éloquence essayent également de jouer sur le lyrisme de leur phrasé afin de capter l’attention de leur auditoire. Car improviser, c’est peut-être aussi vouloir être écouté.

On est maintenant en mesure de faire un parallèle avec l’improvisation en Rôle Play. Qu’on le veuille ou non, l’improvisation c’est la mamelle du RP. Que les sessions soient préparées ou non, on va toujours être amené à faire agir notre personnage en fonction de l’environnement, de la situation, et des actions des autres rôlistes. Et là nous faisons un lien direct avec la dernière synthèse, c’est grâce à la richesse du BG de forme qu’on posséder un maximum d’outils en main pour pouvoir donner de la marge de manœuvre à notre personnage, et de facilité à se mettre dans sa peau.

Nous avons abordé au cours des synthèses précédentes, différentes formes de « cadre » qui pouvait venir entourer la pratique du RP (respect du BG-officiel, contraintes physiques liées au mappage de l’environnement, etc.). Si nous n’avons pas de sujets précis comme les Bonimenteurs ou les concours d’éloquence, nous avons un cadre ; et qui dit cadre, dit contraintes à transformer en leviers comiques (non ? ah bon…).

Toutefois, si l’improvisation est un moteur non négligeable, et un témoin de la qualité d’un RP, c’est aussi un risque. On peut avoir tendance à se faire porter par le flot de l’improvisation, et à ne plus prendre assez de recul vis-à-vis de notre BG et de celui des autres. On peut être victime de l’excitation provoquée par une situation d’improvisation, et à mesure que les péripéties s’amplifient, on n’a pas le temps de peser le pour ou le contre lorsqu’on arrive à des choix qui se révèlent important. On peut donc être amené à prendre des décisions qu’on n’aurait pas prises en d’autres circonstances. C’est pourquoi il faut tout de même garder un minimum de recul par rapport à la situation, ou s’accorder sur un cadre et des limites plus strictes à ne pas dépasser, dès le début.

Prendre du recul, l’immersion, ça tombe bien puisqu’il s’agit de l’objet de la prochaine synthèse.

Concernant l’improvisation en elle-même, il faut donc bien comprendre que ce n’est pas un « talent » acquis, mais une capacité innée à chacun d’entre nous, dont on pourra être plus ou moins familier. Si l’on fait confiance à ses partenaires pour rebondir sur nos propos, il n’y a plus aucune raison de craindre l’improvisation !

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2 commentaires sur “SYNTHÈSE N°5 : L’IMPROVISATION

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